|
On se le rappellera, les photos personnelles se trouvant sur notre premier voilier ne sont maintenant que cendres à la suite du naufrage et de l’incendie de La Belle Lurette. Cependant, des amis ont eu la gentillesse de nous faire parvenir quelques doubles; quelques autres ont été capturées sur nos vidéos et retouchées. Celles de La Belle Lurette II s'y ajoutent. Les textes entre guillemets proviennent de:
 MARTINIQUE
"... En bon public, nous avons déjà commencé à assister à son émerveillement pour certaines découvertes de la nature."
GALAPAGOS, ÉQUATEUR 

"... Voilà un peu plus loin, un troupeau qui se fait dorer bien gentiment la couenne au soleil. Nous constatons que les jeunes n’ont pas peur de nous. Karine s’allonge sur deux d’entre eux, les enlace presque, réussit même à les caresser sous l’œil d’un vieux mâle grogneur qui joue la police du quartier."  "... Nous terminerons cette randonnée en escaladant une butte de sable parsemée de quelques arbrisseaux, où dominent noblement quatre arbres cactus moyens dont les tiges se sont gonflées en forme de raquettes." 
LA BAIE DU COURRIER SANS TIMBRE, FLOREANA, GALAPAGOS " ... Sur sa plage déserte, se trouvent deux tonneaux peints en blanc et bleu, soutenus par des poteaux en bois dont l’un porte l’inscription : « Post Office Box ». Autour, des signes de passages anciens ou non : graffitis de noms de bateaux inscrits sur toutes sortes de supports, ossements, objets hétéroclites, etc. Cette coutume date de 1793, de l’époque où les baleiniers et navires marchands du monde entier ont commencé à y faire escale. Ils y ont, au fil des années, déposé leurs lettres, sans timbres bien sûr. Puis le courrier était repris par un autre qui l’amenait sur le prochain continent qu’il touchait et où on l’acheminait à travers le monde." Et ça fonctionne toujours!
TAHITI, POLYNÉSIE FRANÇAISE
"... D’abord nous nous rendons à un parc où se trouvent quelques-unes des superbes chutes qui caractérisent si bien Tahiti. L’endroit est de toute beauté avec ses petits sentiers et ses passerelles. Un paradis sur terre s’il n’y avait pas les nombreux moustiques qui prolifèrent dans la luxuriance de cette végétation. À ma grande surprise, il est possible de cueillir sur place quelques avocats." 
MOOREA, POLYNÉSIE FRANÇAISE "... Et nous ancrons plus loin dans une eau si claire que même la caméra, qui filme du dessus, rendra bien les détails de la flore et de la faune sous-marine.... le paysage de l’île vu du bateau est déjà si exceptionnel, si grandiose que juste le fait d’être ancrés devant nous suffit. On peut dire que c’est la plus belle île que nous ayons vue."
BORA BORA, POLYNÉSIE FRANÇAISE 
"... Notre excursion se termine ancrés devant le Yacht Club de Bora Bora. ...qui doit être le plus petit et le plus joli qui existe. Il est composé d’une bâtisse principale et de trois petits farés, tous à toit végétal, construits sur pilotis sous lesquels on trouve un parc à poissons où se pavanent des requins. Grrii!!!! Un autre fare, de même dimension, est ancré parmi les voiliers."
NIUE, PACIFIQUE SUD"... il faut savoir que si nous sommes venus à Niue ... c’est surtout pour visiter les excavations naturelles qui sillonnent le rivage de l’île. Nous y trouvons : grottes de stalactites et de stalagmites, abymes, arches, monticules en pics de calcaire, piscines d'eau salée, trous du souffleur, cavernes superposées, oasis, platiers en hauteur, etc. 
Exceptionnel ! Quand je pense que Karine est en train de faire encore une fois sa géographie sur le tas.""... mouiller dans plus de 15 mètres, dans un fond qui n’est que crevasses et plaques de corail en forme d’énormes champignons mais que l’on voit très bien du bateau. On n’a d’ailleurs jamais vu une eau aussi limpide."
 
TOGO, NIUE "... Puis nous tombons sur un petit sentier qui se termine entre des rochers arrondis devant l’ouverture d’une ravine. C’est là, Togo ! Wow! Notre regard tombe à environ 30 mètres plus bas et ce que nous découvrons, en partie, ressemble carrément à un éden. Une solide et très longue échelle de corde et de bois que Yves va d’abord tester, nous invite à descendre. On atterrit les deux pieds dans le sable et en curieux on regarde inévitablement tout ce que l’on a descendu. Au centre de cette oasis, quelques palmiers de plus de 25 mètres poussent droitement parmi les fougères dans un décor comprenant une piscine naturelle d’eau douce, un petit lac mythique d'eau salée, l'ensemble limité par de hauts murs de roc où s'accroche un peu de végétation, plafonné par un ciel superbement bleu où les rayons du soleil tombent d’aplomb comme beaucoup d’éléments de ce décor. C’est exactement comme dit le capitaine en filmant : « Assez spécial ! »"
ALOFI, NIUE
"... en apercevant le serpent de mer qui ...a la taille d’une couleuvre et porte des rayures jaunes. ... Il paraît qu’ils sont inoffensifs, presque aveugles et curiosité oblige, ils viennent jouer alentour quand vous êtes dans l’eau. Bien plus tard, je lirai que leur venin est plus dangereux que celui des cobras, mais on dit aussi que les crochets se trouvent au fond de la gorge, ce qui les rend sans danger pour nous. Qu’à cela ne tienne, Karine et moi contournons tout de même « la chose »."
 DEUX CAPIE
"...Quand nous revenons, Capie a disparue. Nous l’avions attachée près de sa niche sur le pont; à la place, nous ne retrouvons que sa ceinture pourtant toujours bien fixée. Le lendemain, sur l’idée de Jill, la secrétaire du Yacht Club, un journaliste du MERCURY, quotidien de Durban, écrira un article avec photo sur la disparition du chien tourdumondiste ...Je sors dehors et suis le son qui me mène sur « Sea Toy ». Au travers du plexiglas de l’entrée je la vois, assise dans la pénombre. Elle aura passé trois jours sans boire ni manger. Nous en déduirons que l’orage lui a fait peur et qu’en allant se réfugier dans le cockpit de « Sea Toy », derrière le sac de grand-voile, elle est tombée à l’intérieur par le petit hublot qui était resté ouvert. ...Le lendemain, Jill retéléphone au journal qui vient prendre une photo de Capie dans les bras de Karine afin de partager la bonne nouvelle avec tous les lecteurs."

LA GANGDe gauche à droite, à partir de l'arrière:Yves, Thierry, Sophie, Jean-François,Corine, Christine et Christophe
DÉTROIT DE TORES, AUSTRALIE 
"... Le lendemain, en rejoignant Guy, nous pêchons, coup sur coup, plusieurs tazars dont un de plus de 35 kilos. Vu la quantité de poissons, nous allons devoir utiliser plusieurs procédés pour le conserver, il nous faudra saler, sécher, mariner, stériliser, congeler et réfrigérer. Ce n’est pas pour rien qu’il y a toujours une flotte de pêche qui se promène dans le secteur. On voit même sur notre carte de navigation une ligne pointillée de poissons pour indiquer qu’il y a là une zone de pêche."

FIDJIFaire le tour du monde, c'est comme le capitaine vous le montre sur cette photo."... Pendant que nous parcourons le monde à la rencontre d'aventures exceptionnelles et incroyables, Yves, qui a souvent l'impression de rêver, se demande si un jour il aura à se réveiller."

LINDSAY (en médaillon)"... Guy vient juste de passer avec sa valise pour nous dire qu’il rentre en France... Nous lui demandons qui garde son bateau et il nous répond : « Lindsay, un Mauricien très sympa ! ». Nous lui disons que nous le connaissons. « Ben voyons Yves ! Ça fait à peu près une demi-heure que t’es rendu, tu peux pas connaître Lindsay ! » Je descends dans le bateau pour rapporter la photo de la personne en question et nous lui demandons si c’est bien lui. « Oui, mais avec moins de cheveux ! » Personne ne comprend plus rien. En fait, pour le plaisir, nous avons pris une chance en disant que nous connaissions Lindsay. Et maintenant, nous sommes tout aussi surpris. Il y a sept ans, en Martinique, nous avons bien connu un Mauricien mi-chinois mi-créole du nom de Lindsay qui adorait Karine et avec qui nous avions sympathisé, mais de là à tomber sur le même quand à Maurice il y a un million cent quatre-vingt mille personnes qui vivent sur l’île, on a trouvé ça fort ! "
 
AFRIQUE DU SUD"... Le 18 janvier 1995, à notre grand dépourvu, c'est le naufrage, un cauchemar qui fera de nous des gens "poor and famous".... Nous demeurons à trois avec notre hôte Des Manthe, qui vient de nous annoncer la cassure du mât, résultat des contrecoups du bateau sur les récifs. Assis au sol devant les grandes fenêtres panoramiques, nous assistons impuissants à la fin tragique de « La Belle Lurette ». Avec la marée, le voilier arrive en peu de temps sur la rive de roc. Vers 1 :00 heure du matin, Karine remarque qu’à l’intérieur, une flamme s’intensifie dans le secteur des batteries. Elle est probablement née du débordement de l’acide qui a dû se répandre sur un amas d’objets inflammables. Suivent ensuite diverses explosions dues au propane, à l’essence, etc. Nous entendons les cris et les pleurs d’un capitaine (que nous avons volontairement saoûlé) comme s’il perdait sa raison de vivre. Ces cris me reviendront souvent par la suite. Nous sommes tous les trois, enlacés, témoins désarmés devant ce spectacle qui semble irréel, regardant la fin d’un rêve et... de notre beau Rêve d’Antilles. Le temps n’a plus sa dimension, sa substance; il est, si l’on peut dire, vide. Tant qu’à l’avenir, pour si peu que l’on commencera à y penser, il nous semblera effroyable. Solidement ancrés dans ce mode de vie, il nous apparaîtra impossible de vivre autrement."

SERGE (en médaillon)"... Il y a quelques jours, nous avons accepté l’invitation de vivre chez le musicien québécois, Serge Filliatreault, qui habite Durban depuis onze ans. Durant les dix jours passés là, leur aide, à lui et à Viviane, nous aura été des plus précieuses. Un jour, Serge nous conduira jusqu’à Richard’s Bay pour y rencontrer une communauté québécoise qui travaille là-bas. Quelle chaleur de se retrouver entre nous !"

LA BELLE LURETTE IIPendant la saison des cyclones, nous pouvons mettre la quille et le safran dans un trou, coque déposée sur des pneus. L'arceau que Yves a construit en composite nous sert de bossoirs, d'encastrement des panneaux solaires, de support d'enceintes et d'antennes, de corde à linge, de bimini et même plus. 
En 1998, je fais partie de l'équipage de ce mégayacht en tant qu'hôtesse.

GARDE-CÔTE CANADIENNE NOUVELLE-ÉCOSSE"... À 18 ans, Karine vient de terminer sa scolarité française avec un baccalauréat scientifique en poche. En septembre 2000, elle part pour Montréal. Travaillant à temps partiel, elle prend un cours de Météorologie et un autre d’Océanographie à l’Université et entre dans la Garde Côte en août 2001. Le lendemain de l’attentat du 11 septembre, elle donne sa démission. Nous comprenons qu’elle ne se sent plus libre comme elle entend l’être. Encore aujourd’hui, Karine ne le regrette pas."
SANDY ISLAND, CARIACOU C'est dans cette ambiance et décor que nous fêtons les 50 ans de Yves.

|